Dónal Óg – As Fraincis

DÓNAL ÓG

Anonyme, 8e siècle, Irlande

 

Jeune Donald, poème Gaelique d’amour et de chagrin.

 

Dónal Óg, si tu quittes ces terres,
Pense à moi, et amène-moi.
Je serai ta bonne le jour du marché
Et une princesse Grecque dans ton lit le soir

Tard dans la nuit, le chien t’a maudit,
Et dans les marais profonds, la bécasse aussi :
Que tu restes un oiseau, tout seul dans les bois,
Et si ce n’est moi, c’est la mort qui t’aura.

Tu m’as fait une promesse, une chose malhonnête,
De m’attendre la nuit à l’enclos des moutons,
J’ai sifflé une fois, et crié douze fois,
Et n’ai eu en réponse que des agneaux bêlants.

Tu m’as fait une promesse, une chose difficile,
Un navire en or, sous un mât d’argent,
Une douzaine de villes, un marché dans chaque,
Et un palais en marbre au bord de la mer.


Tu m’as fait une promesse, une chose impossible,
De me donner des gants en peau de poisson,
De me donner des souliers en peau d’oiseau,
Et une robe de la soie la plus chère d’Irlande

Dónal Óg, je serais mieux pour toi,
Qu’une noble dame, huppée et hautaine
Je trairai les vaches, et te ferai du beurre,
Et je mettrai mes poings si on touche à ta tête.

Ce dimanche-là je t’ai offert mon cœur,
Ce dimanche-là, le dimanche avant Pâques,
Sur tes genoux, tu lisais La Passion,
Dans mes yeux, un amour éternel.

Ma mère m’a dit de ne jamais te parler,
Ni aujourd’hui, ni demain, ni dimanche,
Une semonce venue bien trop tard,
Une clôture autour d’une pâture ravagée.

Ma petite mère, que tu me donnes à lui,
Et que tu lui donnes aussi tes biens entiers,
Et que tu fasses la manche loin de nous deux,
Et qu’on ne te voie plus, ni à l’est, ni à l’ouest.

Mon cœur est noir comme une mûre noire,
Noir comme un charbon dans le feu de la forge,
Noir comme une semelle sur marbre blanc,
Et tout est noir, même mon sourire.

Ton amour n’était qu’une poignée de neige,
Un beau tas de sable dans la marée montante,
Un coup de vent dévalant les pentes,
Une rude crue après une journée de pluie.

Tu m’as volé l’ouest, tu m’as volé l’est,
Tout ce qui est devant, et tout derrière,
Tu m’as volé le soleil, tu m’as volé la lune,
Et j’ai peur surtout que tu m’aies volé mon Dieu

 

 

DonalOg-1

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